Pour l'instant je n'ai pas mis comment faire juste la tête sur un écusson mais cela ne devrait pas tarder.  Ci-dessous je vous explique vraiment la base pour un poisson entier .Je sais que pour certains cela va sembler assez hard mais c'est comme tout , il faut toujours un début à chaque chose et ce n'est pas si compliqué que ça .Bon courage ;-))

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Pour l'étude de la préparation des poissons, nous séparerons la dissection et le montage des poissons de taille moyenne de ceux de grandes dimensions car le traitement sera très différent selon les spécimens.

Pour entreprendre un montage taxidermie avec les poissons, il est recommandé de choisir une espèce de taille moyenne et, si possible, pourvue d'écailles car ce sont les plus faciles à monter. Les très petits poissons, comme la sardine, présentent certaines complications pour la préparation et le montage. Il en est de même pour les poissons sans écailles.

 

Poissons de taille moyenne

  Dans ce groupe on inclut les poissons les plus courants, ceux que l'on trouve dans nos rivières et sur notre littoral : la truite arc-en-ciel, le brochet, la daurade, le bar, pour donner quelques exemples.

Tous ces spécimens sont à peu près semblables en ce qui concerne 1a préparation taxidermie, et bien que certains présentent plus de difficultés que d'autres, ce n'est jamais très grave.

 

Préparation de l’animal

 

Quand on pêche un poisson dans l'intention de le destiner à un mon­tage taxidermie, on doit le mettre immédiatement dans de la glace. S'il est vivant, il bougera si violemment qu'il pourrait abîmer ses écail­les et même sa peau. Pour éviter cela, ayez soin de l'envelopper d'une serviette ou d'un chiffon humide avant de l'introduire dans la glace. N'utilisez jamais de papier, il se collerait aux écailles, ce qui pourrait causer des problèmes au niveau de la peau. Ne transportez pas les spéci­mens en les tenant par la queue : les écailles tomberaient et le montage final serait de moins bonne qualité.

Dans l'atelier de taxidermie, on doit prendre plusieurs photos en cou­leurs du poisson encore frais, immédiatement après l'avoir pêché. Ces photos vous aideront ensuite à peindre le montage fini : vous les utilise­rez pour reproduire les couleurs naturelles de l'animal. Vous pouvez aussi avoir recours à une photo en couleurs tirée d'un livre ou d'une revue spécialisée. Dans tous les cas, pour une meilleure finition, nous recommandons de prendre des photos du spécimen sur lequel on travail­lera.

Ensuite, examinez le spécimen et choisissez la partie la mieux conservée pour choisir de quel côté vous exposerez le montage. Il faudra dessiner le contour ou la silhouette de l'animal. Prenez un chiffon humide et placez le spécimen dessus, en mettant la partie la mieux conservée vers le bas. Profilez‑le d'abord avec les nageoires pliées, puis avec les nageoires dépliées comme dans le montage final. L'autre possibilité est de faire un moule en plasti­que ou en plâtre du poisson, méthode que nous étudierons en détail à la fin de ce chapitre, comme alternative au montage de poissons ou simplement comme élément d'aide pour la confection du mannequin classique.

En dessinant le contour du poisson, il est très important de limiter le plus précisément possible sa taille, car si on exagère les mesures, la peau ne pourra pas s'ajuster au mannequin. Prenez les mesures de la grosseur du corps à différents endroits, et notez-les sur les photos que vous aurez prises pour reproduire les couleurs. Essayez d'agir le plus rapidement possible car la peau des poissons perd vite sa couleur originale à mesure qu'elle sèche. Notez aussi la taille et la couleur de ses yeux.

Pendant la phase de dépouillage, essayez de garder les nageoires toujours humides, car dès qu'elles sont sèches, elles sont très fragiles et tendent à se briser facilement. Vous devez aussi maintenir la peau humide en la mouillant constamment pour qu'elle ne perde pas ses écailles.

 

 

Dépouillage et préparation de la peau

 

Placez le poisson sur un vieux drap ou une toile, jamais sur un papier journal, avec la partie choisie pour être exposée vers le bas. Vérifiez que le spécimen est suffisamment humidifié. Placez un récipient avec de l'eau à côté pour mouiller la peau toutes les deux minutes pendant que vous travaillez. Si c'est l'été ou que le chauffage est allumé, enveloppez les nageoires et la queue d'un chiffon ou coton humide pour les garder toujours humidifiées. Pratiquez une incision longitudinale au milieu du corps de l'animal, de la queue jusqu'aux branchies. À l'aide d'un bistouri ou d'un couteau de dissection, détachez légèrement la peau du corps en essayant de laisser la plus petite quantité de chair possible col­lée à elle, mais sans endommager la peau ni les écailles.

Dépouillez la peau en tirant vers l'arrière des deux côtés jusqu'aux nageoires. Vous devrez au préalable les couper à la base sans enlever la peau. Commencez par la nageoire dorsale (sur le dos), ensuite les nageoires anales (près de la queue), puis les pectorales (près des ouïes). Essayez de couper seulement la chair autour de la racine de chaque nageoire. Continuez le dépouillage jusqu'à la queue, coupez ensuite les vertèbres et la chair à environ 2 centimètres de la dernière articulation en la laissant fixée à la peau. Si vous ne voyez pas clairement jusqu'où vous devez dépouiller, coupez la queue en laissant un peu de chair col­lée. Ensuite vous pourrez la nettoyer plus soigneusement. Rappelez-­vous que vous devez couper le corps du spécimen juste au‑dessus de la queue.

Sur la tête, il sera impossible de détacher la peau car elle est très for­tement fixée à l'os ; il faudra donc couper les vertèbres du tronc derrière les ouïes. Utilisez pour cela des ciseaux ou une lame, selon la taille du spécimen. Séparez la tête du corps et maintenez‑la fixée à la peau. Ne jetez pas le corps pelé, il vous aidera à confectionner le mannequin.

Ensuite, nettoyez la peau des restes de chair en utilisant un outil émoussé, par exemple une simple cuillère. Continuez à nettoyer le crâne en ôtant toutes ses parties molles (cerveau, yeux, langue, ouïes et ce qui reste des muscles). La tête des poissons contient une grande quantité d'os que vous devrez éliminer en les coupant avec des ciseaux ou une cuillère pour pouvoir accéder au cerveau.

Une fois que la tête et la peau sont complètement nettoyées et qu'il ne reste ni chair ni os, on les trempera dans de l'eau froide et savon­neuse pendant une demi‑heure. Ensuite on rincera bien et on laissera égoutter pendant quelques minutes.

On pourra mettre aussi la peau dans un bain de tétrachlorure de car­bone pendant 24 heures, dans le seul but de la dégraisser, s'il s'agit d'un spécimen très lipidique. Si on ne le fait pas, la peau, avec le temps, prendra un léger ton jaunâtre.

Séchez-la et appliquez une abondante quantité de borax, surtout sur la tête. Pendant ce temps, préparez l'armature ou le mannequin du corps artificiel du spécimen ; enveloppez la peau d'un chiffon humide et placez la dans un endroit frais et sec comme le réfrigérateur.

Si, malgré les précautions, les écailles tombent, gardez les pour les recoller postérieurement.

 

 

Montage du spécimen

 

Pour la confection du mannequin, il faut reproduire sur une planche en bois la silhouette du poisson que vous avez d'abord tracée sur papier. Choisissez pour cela une planche en bois de pin qui n'ait pas plus de un centimètre d'épaisseur. Placez la silhouette découpée sur du papier, et coupez la avec une scie de menuiserie pour obtenir le corps artificiel de l'animal. Faites l'extrémité crânienne de la planche un peu plus longue que celle de la silhouette, pour pouvoir ajuster ensuite la tête du poisson.

Ensuite, clouez, jusqu'à mi-longueur, une rangée de clous fins à tête plate tout autour. Au dessus de la planche, vous pouvez appliquer de la sciure de bois que vous ferez tenir avec de la ficelle bien tendue, tenue par des clous. Comme d'habitude, vous devrez confronter la grosseur originale de l'animal avec celle du mannequin en prenant pour vous guider le corps du poisson. Cessez de mettre de la sciure de bois dès que le mammifère aura atteint un volume à peine inférieur à celui de l'original. Fixez alors les clous en veillant à ce qu'ils ne dépassent pas et recouvrez le tout de pâte à modeler, de carton-pierre ou, à défaut, d'argile.

L'autre possibilité pour confectionner le mannequin est de recons­truire, à partir de la silhouette en papier, le corps de l'animal sur un bloc en bois que vous taillerez ensuite avec une lime en bois ou du papier de verre afin d'obtenir la forme la plus proche du corps original du poisson.

La peau des poissons étant très fine, vous devez faire en sorte que, sur le mannequin, il n'y ait aucune imperfection. Dans le cas contraire, on le remarquerait dans le montage fini. Que vous utilisiez l'un ou l'autre modèle pour construire le mannequin, il doit être le plus doux et le plus lisse possible, et un peu plus petit que la silhouette en papier. Une fois que vous avez réalisé le manne­quin en bois, vous pou­vez placer la peau, en vous assurant que la par­tie choisie pour être exposée occupe le lieu qui lui correspond, et en ajustant la tête là où elle doit être sur la planche. Ensuite, fixez la peau sur le mannequin avec deux clous, l'un à chaque extrémité, afin de la travailler plus aisé­ment. Placez une petite quantité d'argile à la base de la queue et sur chaque nageoire pour pouvoir les fixer sur le mannequin. Vous pouvez aussi mettre de l'argile sur le morceau de la planche destiné à la tête. Ensuite remplissez les orbites d'argile, et placez les yeux en verre.

Vous pouvez commencer par fermer la peau, en cousant soigneusement l'incision longitudinale. Si vous la cousez avec une ficelle, prenez la pré­caution de la cirer préalablement pour obtenir une plus grande résistance. Vous pouvez ainsi fermer la peau en unissant les deux côtés de l'incision et en les clouant au mannequin avec des petits clous éloignés entre eux de un centimètre environ.

Cette dernière méthode, comme vous pouvez le constater, sera très utile si vous construisez le mannequin uniquement en bois.

Si vous désirez laisser la bouche ouverte, introduisez un petit morceau de liège ou des petits morceaux de bois pour que les mandibules ne se fer­ment pas en séchant. Au préalable vous aurez moulé l'intérieur et placé la langue artificielle (s'il y en a une). Mais si vous avez décidé de confection­ner un montage avec la bouche fermée, entourez la d'un fil pour la garder fermée jusqu'à ce que le montage sèche.

Si vous voulez exhiber le poisson avec les nageoires dépliées, vous devez les placer entre deux cartons que vous fixerez par des aiguilles en essayant de ne pas les piquer. Faites la même chose avec la queue.

Vous pourrez coller les écailles qui se seront détachées avec de la gomme arabique ou un produit similaire. Si les yeux ne sont pas tout à fait ajustés, passez de la paraffine ou de l'argile sur les bords en les colorant.

Tous ces détails doivent être pris en compte, car c'est d'eux que dépen­dra la réussite du travail.

Ensuite, placez le montage dans un endroit sec et frais pendant deux ou trois semaines pour qu'il sèche.

Si le poisson que vous voulez monter est un petit spécimen et que vous désirez qu'il adopte une posture avec le corps ondulé, comme s'il était en train de nager, le système qui convient le mieux est de construire un sque­lette en ficelle assez résistant et épais pour supporter le poids du spécimen. On construira cette armature avec les ficelles suivantes : une qui ira de la tête à la queue, dans la ligne du dos de l'animal ; une autre qui ira de la tête le spécimen terminé, vous le monterez sur un socle en le fixant par deux tiges métalliques ou des fils de fer. Fixez au socle l'une des extré­mités de chaque tige, et accrochez les deux autres au corps de l'animal dis­séqué pour qu'ils lui servent de support.

L'autre possibilité est d'utiliser une plaque sur laquelle vous fixerez le spécimen avec des vis à bois de petite taille.

 

Poissons de grande taille

 

On inclut dans ce groupe toutes les espèces de poissons qui sont de grandes dimensions, comme le brochet par exemple (spécimen que l'on trouve fréquemment dans nos rivières) et évidemment les mammifères marins, comme les cétacés, ainsi que toutes sortes de silures qui peuvent devenir très grands.

Le montage de ces espèces est difficile et compliqué car les prépara­tions sont très coûteuses à deux points de vue : économiquement et à cause de la grande quantité de matériaux nécessaires au montage. Pour cela, nous vous recommandons de n'entreprendre ce genre de montage taxidermie que lorsque vous aurez acquis suffisamment d’adresse.

Pour acquérir la dextérité nécessaire, exercez vous avec d'autres spécimens aquatiques plus petits, dont la préparation est plus simple. L'étude de la préparation de poissons de grande taille suppose une connaissance profonde de la taxidermie.

 

Préparation de l'animal

 

Vous devez agir de la même façon que vous l'avez fait à d'autres occasions, en dessinant la silhouette de l'animal sur papier avec les nageoires pliées puis dépliées. Notez également toutes les mesures nécessaires pour déterminer les dimensions réelles du spécimen.

Ensuite, faites un moulage en plâtre du poisson entier, d'abord d'un côté puis de l'autre, en commençant par le côté que vous voudrez expo­ser à montage fini. La méthode pour obtenir le moulage d'un poisson est décrite en détail à la fin du chapitre. Quand vous aurez préparé le mou­lage, passez à la phase du dépouillage.

Dépouillage et préparation de la peau

Séparez les nageoires dorsales, la queue (là où elle commence à s'élargir) et la tête (juste derrière les branchies ou l'opercule). Ne vous inquiétez pas si vous déchirez la peau des branchies : au moment de la finition, vous pourrez facilement les remplacer en les reproduisant avec des matériaux de moulage.

Ensuite, écorchez le côté choisi pour être exposé dans le montage (le premier moulage en plâtre). Coupez les nageoires pectorales et anales correspondantes, et dépouillez la peau avec le muscle comme si vous vouliez faire un filet de poisson. Effectuez l'opération de l'avant vers l'arrière, car c'est la manière la plus simple de le faire. Détachez ensemble la peau et le muscle, éliminez la chair avec une cuillère en prenant soin de ne pas endommager la peau. À cette étape du travail, vérifiez que vous avez bien gardé toutes les parties du corps de l'animal que vous avez détachées, à savoir les nageoires dorsales, la queue, la tête, les nageoires pectorales et anales et le côté de la peau que vous exposerez. Vous pouvez jeter le reste du corps car vous n'en aurez pas besoin.

Vous pouvez à présent préparer chacune des parties pour le montage. Commencez par étendre les nageoires sur une plaque ou une planche en bois, en les clouant soigneusement pour ne pas les endommager. Éliminez, au préalable, tout le reste de chair. Ensuite, laissez‑les sécher dans un endroit sec et frais. Plongez la queue et la tête dans de l'eau bouillante pendant quelques minutes pour éliminer tout reste de chair et de graisse (cependant, s'il s'agit d'un spécimen délicat, il vaut mieux ne pas le cuire). Faites bouillir seulement la partie de la queue la plus proche du corps (sans le bout caudal). Quand vous les retirez du feu, utilisez une petite cuillère pour bien nettoyer la queue et la tête. Ensuite, accrochez la tête et clouez la queue sur une planche en bois, comme vous l'avez fait pour les nageoires. Laissez‑les dans un endroit sec et frais, si possible loin de la lumière.

La peau ne nécessite pas de traitement spécial, il faut simplement l'envelopper dans un chiffon humide et la mettre au réfrigérateur.

Montage du spécimen

On commence à le monter sur 1e mannequin en plaçant la tête et la queue, fixées â l'aide de baguettes métalliques ou de fil de fer et d'un mélange de résine et de toile (type serpillière), qui tiendront lieu de fixateur supplémentaire. Pour mieux vous orienter, placez le mannequin sur le dessin de la silhouette du poisson et montez les différentes parties du corps. Sortez la peau du réfrigérateur et saupoudrez généreusement de borax la face interne, c'est à dire celle qui sera au contact du mannequin. Ensuite, placez‑la sur le mannequin et clouez la soigneusement afin qu'il n'y ait ni pli ni bulle d'air. Puis laissez sécher le montage pendant une ou deux semaines jusqu'à ce qu'il soit complètement sec.

 

Achèvement de la pièce

 

 

Vérifiez tout le montage et appliquez une fine couche de matériau de remplissage que l'on utilise pour les voitures cabossées (vous en trouverez dans un magasin de pièces de rechange pour automobiles). Placez cette substance dans les zones qui présentent des imperfections et dans les endroits où sont les clous.

Ajoutez les nageoires pectorales et anales, que vous avez mises à sécher, en les fixant avec un petit clou et un peu de résine avec de la toile (type serpillière) ou du coton pour obtenir une fixation plus résistante et durable. Enfin placez la nageoire dorsale, d'origine ou artificielle, sur le mannequin en vérifiant qu'elle s'ajuste parfaitement. Fixez la comme vous l'avez fait précédemment.

Ensuite, avec du papier mâché ou du carton‑pierre, modelez la tête, des branchies à la bouche, en essayant d'agir avec grande prudence et objectivité. Placez aussi l'oeil en verre et rembourrez les bords de la cavité oculaire avec du papier mâché ou de la pâte de remplissage.

Quand vous aurez complètement modelé la tête, recouvrez le montage tout entier d'une fine couche de papier mâché et d'une autre pâte de remplissage, pour corriger taches ou imperfections. Rappelez‑vous que vous pouvez utiliser ces matériaux pour corriger toute faute commise pendant le montage, et avant de passer à la phase de peinture.

Pour peindre le montage, utilisez si possible des loques acryliques et, à défaut, de la peinture. N'oubliez pas que vous devez faire un choix, car il est impossible de les mélanger pour un même montage. Appliquez des couches très fines pour obtenir une bonne transparence. Il est préférable de passer plusieurs couches plutôt qu'une seule, épaisse et opaque. Essayez de polir doucement la peinture entre chaque couche pour éviter qu'elle ne s'épaississe. Ensuite appliquez sur la couche de base une légère couche de laque d’aluminium pour recouvrir totalement le pois son. Dès qu'elle est sèche, polissez aussi celle‑ci. À présent, vous pouvez commencer à peindre le montage comme s'il s'agissait d'une toile, en vous aidant d'un manuel, d'une photo, ou d'une gravure pour copier les couleurs d'origine. Soyez très rigoureux pour la recherche des tons à utiliser. N'hésitez pas à mélanger les couleurs pour obtenir le ton le plus proche du naturel. Faites en sorte que les couches de peinture soient les plus fines possible, afin que les couleurs et les détails de la peau ressortent bien. C'est ainsi que vous obtiendrez une finition parfaite et naturelle.

 

Moulage du spécimen en plastique et en plâtre

 Nous prendrons comme exemple un poisson de taille moyenne (car c'est le plus simple à réaliser) pour décrire les différentes étapes d'un moulage artificiel du spécimen.

Pour commencer, munissez‑vous d'un récipient rempli de sable d'une taille supérieure au spécimen, dans lequel vous pouvez enterrer le poisson jusqu'à moitié ; laissez la nageoire dorsale et la queue dehors. Ensuite, avec du plâtre à modeler, préparez un mélange épais et versez‑le immédiatement sur le poisson pour le recouvrir entièrement. Ajoutez d'abord une fine couche de plâtre et, quand elle sera sèche, renouvelez l'opération. Laissez sécher le moulage pendant quelques heures.

Prenez ensuite le plâtre et renversez le doucement ; vous verrez que le moulage sera une reproduction exacte du poisson.

L'étape suivante, après le moulage, est la confection de la forme. Pour cela, vous aurez besoin d'une résine synthétique et durcissante que vous pouvez vous procurer dans un magasin de bricolage. Remuez la et ajoutez y une petite quantité de carbonate de chaux précipitée pour épaissir la résine (vous en trouverez dans une droguerie).

Prenez le moulage que vous avez laissé sécher et appliquez une fine couche de laque. Quand il sera sec, étalez avec les doigts ou avec un pinceau à poils souples une couche de graisse séparatrice (1/3 de gélatine de pétrole, 1/3 de térébenthine et 1/3 de cire naturelle) en vérifiant qu'elle pénètre dans chaque coin du moulage. Puis, avec un chiffon sec, nettoyez et éliminez tout excès de graisse séparatrice.

Vous pouvez maintenant verser le mélange de résine dans le moule, en l'étalant uniformément pour former une couche fine d'un demi-centimètre environ (sauf sur la queue et les nageoires, où elle devra être plus fine). Vous pouvez interposer un petit morceau d'étoupe entre la résine et la queue ou les nageoires (en donnant la forme appropriée à chacune d'elles), pour renforcer leur résistance après le moulage.

Laissez sécher la résine, et une fois sèche, retirez la très soigneusement du moulage en plâtre ; vous obtiendrez ainsi une forme exacte en ton le plastique du poisson que vous avez moulé auparavant.

Vous ferez les retouches finales en prêtant une attention particulière à la peinture du montage.

Pour faire la forme, vous pourrez aussi utiliser du plâtre au lieu de résine en remplissant complètement le moule et en renforçant, obliga­toirement, les nageoires et la queue avec de l'étoupe. Dans ce cas, essayez d'être très habile lorsque vous retirerez la forme en plâtre du moule car elle se casse facilement ou peut rester collée aux parois du moule. La suite du procédé est identique au travail réalisé avec de la résine.

Enfin, il convient de rappeler que vous ne devez pas confondre les termes « moule » et < moulage ». Le moule est une sorte de négatif d'une photo à partir duquel on obtient une copie exacte de l'original en le remplissant d'un matériau.

Vous pouvez faire un moulage de chaque côté et obtenir ainsi un mannequin en plastique ou en plâtre, car en collant ces deux parties on obtient une reproduction artificielle du corps du spécimen sur lequel on travaille.

En taxidermie, cette pratique est l'une des plus intéressantes quand on travaille avec des spécimens spécialement difficiles à monter ; en effet, cela permet de les préparer à partir d'une forme synthétique dont la manipulation est plus simple. Certains taxidermistes professionnels ont pour habitude de faire un moulage de chaque spécimen avec lequel ils travaillent, afin de pouvoir les utiliser en cas de dommage irréversi­ble sur la pièce originale. Ils ne le font évidemment que par mesure préventive.